OM Pharma investit 70 millions dans la biotech

Tribune de Genève article publié le 28 septembre 2005

Fondée à Genève en 1937, la pourtant très discrète OM Pharma refait parler d'elle à peine une année après avoir reçu le Prix de l'Industrie de Genève.

Elle inaugurait hier après-midi son nouveau centre de production biotech à Meyrin, en présence du conseiller d'Etat Carlo Lamprecht et de Monique Boget, maire de Meyrin, notamment.
Les équipements en question représentent un investissement de plus de 70 millions de francs, financé en grande partie avec ses fonds propres. Dépense d'autant plus remarquable que la société réalise sur son site genevois un chiffre d'affaires de 81 millions de francs.

«Nous ne gardons à Genève que ce qui est susceptible d'offrir de la plus-value. Les productions pharmaceutiques plus classiques ont été concentrées essentiellement sur le site de Lisbonne», a indiqué hier Christophe Ricard, président et directeur général de la société fondée par son grand-père.

Plus de cinq ans ont été nécessaires pour mettre en fonction des locaux et des équipements parmi les plus modernes d'Europe. Des «salles blanches» permettent le développement et la fabrication de deux des médicaments phare du groupe familial: le Broncho-Vaxom et l'Uro-Vaxom. Le premier, créé en 1980, détient 35% du marché mondial des infections respiratoires. Il traite avec succès les bronchites, sinusites, pharyngites, rhinites et angines. Le second, lancé en 1988, contrôle plus de 90% du marché des infections urinaires.

21 souches de bactérie

Six étapes prenant globalement six mois sont nécessaires pour obtenir le produit fini: la fermentation avec 21 souches de bactérie différentes pour le Broncho-Vaxom et 18 pour l'Uro-Vaxom, l'extraction des principes actifs, la purification, la lyophilisation, l'encapsulation et la mise en boîte. Les bactéries sont désormais nourries par des matières végétales et non plus animales. Le bâtiment où la production se déroulait auparavant était six fois plus petit. Relevons encore que cette dépense va permettre de doubler la production.

Les nouvelles installations comprennent notamment trois bioréacteurs de 1200 litres. Cette technologie de pointe permet de produire, d'extraire et de purifier les principes actifs qui renforcent le système immunitaire contre les infections bactériennes et virales. Plus de 4 millions de patients dans le monde sont soignés chaque année par ces médicaments.

A l'heure où l'on parle beaucoup de Serono ou a contrario des jeunes pousses biotech, l'entreprise familiale OM Pharma reste méconnue.

«On arrive en étant petit à vivre bien», a relevé Christophe Ricard, faisant allusion aux nombreuses entreprises de taille moyenne qui s'intéressent à acquérir son groupe familial. «OM Pharma est une entité indépendante, libre de ses choix. Cela n'a pas de prix», a-t-il ajouté, tout en espérant que ses filles s'intéresseront à poursuivre cette œuvre.


L’entreprise en chiffres

246: c'est le nombre d'employés au siège de Meyrin, sur un total de 570 dans le monde. Quelque 45% du personnel sont de nationalité suisse, 38% française, le reste vient des quatre coins du monde.

41 ans: telle est la moyenne d'âge.

37 623 m 2: c'est la taille du site de Meyrin, équivalente à sept terrains de football mis côte à côte. On y compte neuf bâtiments comprenant des locaux de production, des laboratoires de recherche, des bureaux et des espaces verts.

350 000 litres: la capacité annuelle totale des bioréacteurs qui permettent de faire croître les bactériens d'où sont extraits les principes actifs. Au final, cela représente quelque 300 millions de capsules de Broncho-Vaxom et d'Uro-Vaxom, les médicaments phares d'OM Pharma dans le traitement des infections respiratoires et urinaires.

20: dans tous les locaux de production, l'air est renouvelé vingt fois par heure. La propreté de l'environnement est essentielle dans l'industrie pharmaceutique et biotech.

18%: la part du budget global consacré à la recherche et développement en immuno-cancérologie et dans le domaine des adjuvants de vaccins.

70%: OM Pharma a un taux de recyclage avoisinant les 70% pour les différents types de déchets produits (papier, verre, aluminium, fer, bois, compost, etc.). Par ailleurs, tous les effluents bactériens sont décontaminés par un traitement thermique.


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